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Echanges de pratiques d’Education Nouvelle 18 et 19 Octobre 2008

Ecole Aujourd’hui 24 Bd Edgard Quinet 75014 Paris

POURQUOI UTILISE-T-ON LA LECTURE EN COULEURS A L’ECOLE AUJOURD’HUI POUR APPRENDRE A LIRE ?

Les élèves de l’Ecole Aujourd’hui apprennent à lire avec le matériel de la lecture en couleurs car c’est celui qui correspond le mieux aux orientations pédagogiques et éducatives en place depuis la création de l’école. La spécificité de ce matériel réside dans le fait que ce n’est pas une méthode d’apprentissage à proprement parler mais un ensemble d’outils pour apprendre un savoir faire : savoir lire.

Un des principes de ces outils réside dans le fait que chaque son de la langue française est associé à une couleur. L’ensemble des graphèmes ainsi coloriés, répertoriés et ordonnés est disposé sur des panneaux d’affichage. L’utilisateur, en mettant en relation, grâce à un pointeur, les graphèmes nécessaires à sa production de mots, de phrases et/ou de textes, puise dans une véritable mine pour en extraire les matériaux nécessaires à son éveil et à son apprentissage. L’enfant en manipulant ce matériel se forge ainsi une pratique concrète de la lecture. Il développe aussi son expérience et son savoir faire de jeune lecteur de manière ludique.

A cela peut s’ajouter un autre dispositif similaire, fonctionnant sur les mêmes principes, mais utilisant d’autres panneaux où figurent des mots déjà délibérément choisis et rassemblés. Les objectifs de ce matériel sont ici de rendre possible les prises de conscience indispensables au savoir lire. Beaucoup d’activités, elles aussi sous forme ludique, peuvent ainsi être proposées pour pouvoir facilement comparer les mots, pour pouvoir découvrir les sons et les différents graphèmes d’un même son, ou encore pour pouvoir produire librement des phrases et des textes de façon juste.

Ainsi avec tous ces outils rien n’est figé. Les trois domaines de la langue : dire, lire, écrire sont travaillés sans cloisonnement et les enfants peuvent découvrir la lecture de façon plus naturelle, plus ludique, plus proche de leur vécu et de leur quotidien grâce aux productions faites collectivement. Le rythme d’apprentissage des enfants est aussi respecté tout comme les différents niveaux puisque toute production sur les tableaux en couleurs est acceptable quelle qu’en soit le moment dans l’année. De plus l’apport coopératif des trouvailles et des découvertes des uns et des autres est une source importante d’enrichissement mutuel, largement reconnu et développé au sein de l’école conformément à son projet pédagogique de toujours.

Toutes ces caractéristiques, qui mettent les élèves au cœur de leurs apprentissages en leur donnant réellement la possibilité d’en être les vrais acteurs, donnent à l’Ecole Aujourd’hui, notamment dans le domaine de l’apprentissage de la lecture, sa couleur spécifique tout en restant fidèle à son appartenance au mouvement des écoles nouvelles.

Atelier Lecture en couleur (Gattegno) Restitution des pistes évoquées le samedi 18 octobre 2008

-   Mise en situation : les participants étaient actifs.
-   Nécessité de s’approprier, et d’arriver à une certaine maîtrise de la technique.
-   Décomposition des éléments à comprendre et des taches à accomplir pour lire. Exemple : sens de l’écriture et repérage dans l’espace.
-   Utilisation du corps comme outils d’apprentissage de la lecture.
-   Liens avec d’autres disciplines. Exemple : addition, substitution, inversion, insertion.
-   Aspect ludique, l’enfant est acteur ou au moins est pris dans le jeu collectif. Rapidement, l’enfant peut commencer à construire. C’est le groupe qui apprend, qui questionne. L’enseignant est silencieux, il laisse la place et sollicite le groupe par sa gestuelle. La recherche des règles de la lecture est accompagnée par des positionnements physiques de l’adulte.
-   Importance du pointeur.
-   La vision simultanée des tableaux permets une prise de conscience de la multiplicité des graphies des phonèmes. C’est impressionnant mais en même temps il y a des limites. Cela peut-il rassurer des enfants en difficulté ?
-   Est-il possible d’utiliser uniquement des éléments de la méthode Gattegno et de les intégrer à d’autres approches de la lecture ?
-   Que se passe-t-il pour un enfant qui arrive déjà plus ou moins lecteur ?
-   Peut-on utiliser uniquement des éléments de cette méthode avec des enfants plus grands qui ont appris à lire autrement, pour travailler l’orthographe par exemple ?

Atelier Mathématiques Restitution des impressions et pistes évoquées le samedi 18 octobre

Un atelier...Descendre l’escalier, mais où va-t-on dans ce dédale ? Tout en bas ... deux accueillantes. Une grande table, sur la table des bouts de tissu. Que peut-il bien y avoir sous ces étoffes. Ce sont des sacs surprise. Chaque participant est invité à s’asseoir, à chacun sa couleur, son motif. Première consigne « Classez vos réglettes de la plus grande à la plus petite uniquement avec le toucher ».
-   Mise en situation : les participants étaient actifs.
-   Plusieurs situations ont été proposées ou présentées avec des petites différences selon les groupes : une façon de travailler la numération avec le matériel Cuisenaire, Les fractions, la numération (défi marron, mise en sac, introduction des maisons) et des situations problèmes à mimer ou représenter de la manière la plus adaptée.
-   La première mise en situation dans laquelle on est privée de la vue permet de construire des images mentales et de passer à l’abstraction.
-   Un intérêt de la seconde situation est de séparer la fraction du tout dont elle est issu et de permettre plus facilement par la suite d’obtenir des fractions du type 5/4. Certains ont évoqués l’idée de modifier l’histoire pour la rendre plus réaliste.
-   Bibliographie : Les maths à toutes les sauces, Bernadette Gueritte Hess, Isabelle Causse Mergui, Marie Céline Romier. Le nombre et la numération, pratique de rééducation, Michelle Bacquet et Bernadette Gueritte Hess.

COMPTE RENDU DE L’ATELIER
Sanctions, Réparations, Lois, Limites

La pédagogie institutionnelle est un ensemble de médiations qui articulent le désir de faire de l’élève « qui n’est pas forcément plaisir » et la loi nécessaire à toute vie sociale.

Pour être entendu et avoir une chance de se réaliser, le désir doit nécessairement passer par le langage « d’où les différents lieux de parole ». Quant à la loi, elle signifie à l’élève qu’il fait partie d’une civilisation « Tout n’est pas permis ni possible » C’est dans un aller-retour constant entre le désir et la loi que cette pédagogie fait sens.

Les quatre « L » : lieu, limite, loi, langage.

Pour exister vraiment comme sujet, l’élève doit pouvoir s’inscrire quelque part, investir des lieux variés qui permettent d’être « je » au milieu des autres. Mais être « je » ne peut se faire dans toute la puissance : Les autres existent et il apparaît souvent indispensable de marquer des limites « de lieu, de temps, de pouvoir » afin que chacun ait sa place.

Les lois fondamentales ne peuvent être remises en cause ni par l’élève, ni par l’enseignant. Traduites de façon explicite et affichées, ces lois fondent le lieu « classe », fixent des limites.
-  « Ici, c’est une classe, chacun est là pour apprendre »
-   l’interdit de violence « obligation à la verbalisation »
-   « Ici, chacun a le droit d’être tranquille dans son corps, dans son cœur, dans ses affaires ».

Le Négociable : les règles de vie, les sanctions.

Tout ce qui sera décidé au conseil sera de l’ordre des règles de vie. Elles sont des aménagements de la loi, qui permettent de mieux la respecter. Elles naissent en fonction des situations rencontrées des difficultés et des besoins.

La sanction « terme neutre préfère à celui de punition » est nécessaire car elle marque une butée, assure le pérennité de la règle.

Si des transgressions répétées interviennent sans sanctions la loi est niée.

La sanction reconnaît à l’individu la responsabilité de ses actes, donc sa dignité de personne humaine consciente.

Des limites deviennent nécessaires pour que chacun puisse exister. La loi, parce qu’elle est la condition de l’accès au langage joue pour l’élève un rôle libérateur. Les règles de vie en constituent une ré appropriation par chacun par le groupe.

Les transgressions débouchent alors sur des sanctions nécessaires à la construction de la personnalité de l’enfant et respectueuse de la dignité.

Les lois : A l’extérieur de l’école, les lois françaises auxquelles chacun est soumis. Elles sont traduites dans la classe par les lois fondamentales. Dans l’école, le règlement intérieur. Dans la classe, les règles de vie et les décisions prises.

Sanctions, Réparations, Lois, Limites : Discussions et échanges

Réflexions sur : Sanction, Punition, réparation

La Sanction est neutre : prise d’acte ou réparation.

La Punition c’est un « non-retour ».

Peut-on utiliser le mot sanction en éducation nouvelle ?

A noter que la réparation a ses limites : tout ne peut être réparé.

Les règles de vie :mise en place, respect. Le conseil élabore les règles de vie. Il permet
-  leur évolution
-  l’aménagement de la loi
-  l’approbation par tous

Les règles de vie sont des règles simples (collées dans le cahier) :
-  je ne frappe pas ; je ne bouscule pas ; je ne menace pas....Je ne crache pas, je ne jette rien, je respecte le corps de chacun, je ne règle pas mes problèmes par la violence, je ne me moque pas, je ne sors pas des limites.

Des dispositifs sont mis en place pour les faire respecter :
-  Tableau des droits et devoirs (E.Brandt cf documentation) : mes droits, mes devoirs , je m’engage à... ;. Ce « cadre » met en sécurité et l’enfant et le groupe et l’enseignant.
-  Tous ces items sont aussi appliqués à des actions : libre circulation... Non-respect des consignes entraîne des croix. 3 croix ajoutées = convocation chez la directrice. ; des sanctions.

Chez les petits la sanction peut être sortir du groupe, sortir de la classe.

La sanction doit être posée par l’adulte

-  ceintures de comportement expérimentées à la Prairie et au Chapoly Après 3 ans d’expérience, leur utilisation est positive et permet aux enfants de grandir. S’avère une pratique cohérente. Elles sont gérées par : l’enfant + enseignant+ parents La ceinture de comportement permet une régulation, une harmonisation sur toute la journée. L’enfant demande de passer sa ceinture en assemblée. On lit les compétences et l’enseignant décide. Les ceintures génèrent un climat permanent qui encourage et permet à l’enfant de percevoir les enjeux de sa demande

Quelle réparation proposé e ? quand ? Pourquoi ? Il est important que la réparation soit en cohérence avec la faute réalisée Le temps est nécessaire entre la faute, le conflit et son débat en conseil et le débat sera de meilleure qualité, plus objectif. Le temps permet le « dépassionnement », donne le recul pour une meilleure analyse....

La discussion en conseil d’un cas permet aux enfants de réfléchir sur eux-mêmes. Elle amène à une réflexion générale que chaque enfant pourra s’approprier.

Quelle est l’utilité de la réparation ?

Exemples de réparation : Exemple 1 : Un enfant victime de trois autres enfants. Problème récidivant malgré les discussions avec adultes, en conseil. Après récidive, l’adulte prend la décision = pendant trois jour, un des trois ira jouer avec l’enfant victime, en tête-à-tête.

Exemple 2 : un enfant a bousculé une petite fille qui s’est cassé les dents. Convocation du conseil contre la violence : directrice, parents et délégués d’enfants L’enfant a mixé la nourriture pour cette petite fille pendant un temps défini.

Exemple 3 en collège
-  Service d’intérêt collectif, souvent aide aux petits de maternel (taille des crayons...) ;

Déplacement libre des enfants dans l’école : comment le gérer ?

A la source, l’école est spacieuse. Les déplacements sont donc nécessaires et sont donc gérés et contrôlés. Pré requis le règlement Les autorisations de circuler dépendent de 2 permis à points : - cantine et couloirs des classes. Le permis a une période de vie courte car il est remis à plein chaque semaine.

L’enlèvement des points amène au retrait du permis : remise du permis en conseil et après discussion avec l’adulte. Une liste est affichée dans le couloir.

Réparation le plus possible en relation avec la faute ; ou rendre service.

Besoin d’une zone et moment « libres » « autogérés » pour les enfants.

Ecole aujourd’hui : nécessité d’une bonne gestion d’un petit espace ! Un temps de « corps à corps « dans le préau (15’) est possible : le préau est un lieu sécurisé :lino, tapis, pas de chaussures. Le nombre d’enfants est limité. Les classes y vont chacune à leur tour.

Pas d’ adulte à l’intérieur. Mais un à l’extérieur, non impliqué dans ce qui se passe à l’intérieur, sauf si...

Ce que l’on remarque : Jeu de la bagarre. Peu ou pas de problème physique car les enfants prennent conscience de ce qui peut faire mal. Les enfants instaurent d’eux-mêmes des règles entre eux.

Ce Temps parce que « libre » crée des souvenirs merveilleux pour les enfants.

Si violence, le temps de préau sera annulé pour une période, pour le groupe....

Et en collège ? A Toulouse : La vie quotidienne est gérée par les règles de vie sous forme : « j’ai le droit » et « j’ai le devoir » adaptées à des situations très précises : en classe, en EPS, en CDI, au self, sur les tenues vestimentaires, sur les déplacements dans l’établissement, sur la santé, l’utilisation du réseau informatique, les délégués et la liaison avec la famille.

Fiche de réflexion à remplir par l’élève. Fiche de suivi à signer par l’élève et les parents. Contrat d’engagement en lien avec le contrat de réinscription

Cas de « dépassement des limites » en collège :
-  Droit d’exclusion : Enfreindre la règle entraîne la sortie de la communauté, pour réfléchir. Exclusion d’un cours, de la journée... suivie du retour et de la réparation.
-  Sollicitation des parents car ce n’est pas toujours à l’école que se situe la cause du « dépassement ».
-  situation qui peut aboutir à des propositions de « cohabitation » (enfant,enseignants, parents)

Et dans un CLAE ? Temoignage de Toulouse Les lois fondamentales instaurées ne sont pas négociables. Elles sont présentées au moment de l’accueil : Je ne crache pas, Je ne jette rien, Je respecte le corps de chacun, Je en règle pas mes problèmes par la violence, Je ne me moque pas, Je ne sors pas des limites.

Le suivi des enfants est géré par le contrat d’accompagnement entre l’enfant, l’animateur, et les parents et le contrat de comportement entre l’enfant, l’enseignant et les parents. Le bilan est hebdomadaire.

d’après les notes de Nathalie Perrin (Enseignante, Ec.Aujourd’hui), Corinne Iran (Enseignante, E.Brandt) et Catherine Dubois (Parent, Antony)


 

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